on s’habitue aux courants d’air sous la porte des côtes, on met des doubles rideaux de politesse pour que personne ne voie le désordre à l’intérieur. habiter ici c’est gérer l’ordinaire : le tartre dans les articulations, la poussière des regrets qui s’accumule sur les étagères de la mémoire, les ampoules grillées du désir qu’on ne remplace jamais par flemme ou par fatigue. je vis au milieu de mes propres décombres domestiques, je déplace les meubles de ma conscience pour cacher les taches sur le tapis du présent. c’est une vie de concierge : surveiller les entrées, nettoyer les traces de boue laissées par les passages des autres, et attendre que le bail de la jeunesse se termine sans trop de dégâts des eaux dans les yeux.

