je ris trop fort je pleure aussi

je dis « ça va » en boucle jusqu’à ce que ça sonne creux comme une canette froissée jetée dans le caniveau sous la langue mes mots se battent l’été s’immisce intimement timidement dans mes manches mes coudes et sous mes aisselles 

chaque ciel me donne des envies de fuite mes pensées cavalent et m’avalent sans aucun frein aucune main juste la vitesse et la chute tout emmêlées qui se bastonnent là au-dedans

je suis vivante mais j’en suis pas sûre je suis en feu mais j’ai froid je veux tout casser tout réparer aimer le monde d’un seul coup puis le haïr avec la même force et au milieu juste une ville qui tangue et puis moi un corps trop plein de cris qu’on entend pas et qui meurt entre deux trottoirs trop larges pour qu’on s’en souvienne

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