je marche droit dans la misère

la ville crache ses flashs lumineux comme des prières mal dites des mômes fument leur avenir sur des bancs en béton brut les vitrines font l’amour à l’argent pendant que les cœurs font la guerre au silence y’a des sirènes qui hurlent la nuit et personne pour répondre au jour les trottoirs sont pleins de fantômes des poètes sans papiers des amours sans demain on marche droit dans la misère en chantant faux la liberté

la ville elle t’embrasse et te trahit elle te promet le ciel elle te vend le vide elle te fait croire que t’es vivante quand t’es juste encore debout y’a des drapeaux sur les balcons et des larmes dans les escaliers on parle fort pour oublier qu’on a plus rien à se dire mais parfois sous un lampadaire deux solitudes se reconnaissent et la ville pour une seconde arrête de tuer ses enfants

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