je fatigue

les néons nous éclairent mal ils grésillent un bourdonnement électrique qui s’insinue sous le crâne et donne la migraine avant même que la nuit commence vraiment la ville c’est pas un décor c’est un corps contre lequel frotter le nôtre briques bitume bancs tièdes on s’y accroche comme à des promesses

sous cette lumière crue qui pardonne rien la peau avoue tous les pores dilatés les points noirs la fatigue grise qui s’étale sur les visages comme une couche de suie on se regarde dans la vitrine grasse d’un kebab ouvert toute la nuit entre les broches qui tournent et l’odeur d’huile rance nos reflets sont des spectres à la mine défaite des gueules cassées par le manque de sommeil et les néons jaunâtres qui nous transpercent le regard

on est floues sur les photos mais terriblement nettes sous les tubes fluorescents invisibles dans les rues présentes à moitié absentes pour de vrai on est des morceaux de viande sociale qui attendent que le jour les oublie enfin

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