il y a des peurs périmées depuis l’enfance qui traînent encore dans le bas du dos. il y a des colères sèches comme de vieilles fleurs oubliées entre deux vertèbres. on croit qu’on oublie mais le corps, lui, archive tout. il range les humiliations dans les hanches et les joies courtes dans le creux des poignets. c’est un débarras encombré qu’il faut apprendre à ranger sans tout casser. je trie. je jette les attentes qui ne sont plus à ma taille. je libère de l’espace pour que l’air circule enfin entre les organes. habiter ici, c’est aussi accepter de vivre au milieu du désordre en attendant que la lumière trouve un chemin entre les piles de souvenirs.

