il y a une corvée d’exister dont personne ne fait la publicité

habiter ce corps c’est rincer les tasses sales de la veille, c’est ramasser les miettes de ses propres doutes sur la table en formica du présent. on est la concierge de sa propre carcasse. on gère les stocks de sommeil, on répare les fuites d’attention, on vide les poubelles de la rancœur pour que l’odeur ne devienne pas insupportable. le corps n’est pas une aventure, c’est une liste de courses qu’on égare et qu’on retrouve froissée au fond d’une poche. c’est le bruit de l’eau qui coule trop fort dans les tuyaux de la gorge et le calcaire qui s’installe doucement dans les jointures des doigts. on vit entre le frigo vide et le miroir qui a besoin d’un coup de chiffon, dans une banalité qui griffe doucement le cuir de l’âme.

En savoir plus sur Clémentine Pons

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture