on vérifie l’étanchéité des paupières quand la fatigue monte comme une inondation. on écoute les tuyauteries du ventre gargouiller des vérités qu’on ne veut pas traduire. il y a des jours où je me sens locataire d’une carcasse qui ne m’appartient qu’à moitié, une structure qui grince sous le poids des habitudes. j’isole les courants d’air dans ma poitrine avec des écharpes de laine et des silences de sécurité. on repeint la façade devant le miroir pour que les fissures ne se voient pas trop. on colmate les brèches du moral avec des doses de caféine et des listes de choses à faire. c’est un travail à plein temps que de ne pas s’effondrer, de tenir les murs debout alors que les fondations réclament le repos.

