On survit avec du café réchauffé trois fois, goût rance de nuit mal dormie, des danettes caramel, les poches vides sauf des tickets froissés, des miettes, un bout de tabac sec, on vit sur pas grand-chose, sur l’habitude d’être deux sous la couette bleue qui pèse, sur le rire avant la chute dans les vidéos trop vues, sur la chaleur des pieds froids plantés dans mes cuisses, sur le bruit du frigo comme un vieux cœur qui veut pas lâcher, on vit là, dedans, dans ce foutoir doux qui nous tient debout, on vit en décalé, en collé, sans promesse, juste la répétition, le sucre, les silences pleins de tout ce qu’on dit pas et ça suffit.

