je me lève
en deux temps
(peut-être trois)
le sol est un peu trop froid
mais fidèle
(comme une promesse sans ambition)
je cherche pas à faire mieux
juste à faire
un café
(une présence)
ma main attrape la tasse
pas la bonne
mais c’est pas grave
c’est jamais la bonne de toute façon
je m’assois
(sans m’installer)
le silence colle au mur
et je fais semblant de pas le remarquer
la lumière traverse
le rideau
le bol
et mon humeur
ça grince
quelque part
dans le bois
dans mon dos
dans l’air
je respire
mais sans poésie
juste parce que faut bien
je pense à rien
puis à tout
puis à rien
(mais en plus bruyant)
un bruit de frigo
me rappelle que le monde continue
sans moi
ou avec moi
(pareil)
je regarde la cuillère
elle dit rien
mais elle sait des choses
je reste là
à exister en douceur
comme un dimanche
coincé dans un mardi
et c’est tout
mais c’est déjà assez
pour écrire
quelque chose
qui ressemble
à un début

